{"id":1413,"date":"2016-04-24T17:33:19","date_gmt":"2016-04-24T15:33:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cnt-tas.org\/?p=1413"},"modified":"2016-04-24T17:33:19","modified_gmt":"2016-04-24T15:33:19","slug":"loi-travail-greve-generale-28-avril-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new-wp.cnttas.lautre.net\/?p=1413","title":{"rendered":"La loi Travail m\u00e9rite bien une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale\u00a0!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Ubuntu;\">Selon le gouvernement et le MEDEF, les entreprises fran\u00e7aises ne seraient plus comp\u00e9titives et seraient incapables de recruter en raison d\u2019un cadre juridique trop contraignant. Leur cible : le Code du travail. Mais ce que nos dirigeant-e-s cherchent \u00e0 faire oublier c\u2019est que le contrat de travail est avant tout l\u2019expression d\u2019un rapport social et \u00e9conomique in\u00e9gal entre un-e salari\u00e9-e et son employeu-r-se\u00a0: quand on est embauch\u00e9-e, c\u2019est bien le\/la patron-ne qui dicte les r\u00e8gles du jeux et le\/la travailleur-se qui dispose.<\/span><\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\">La loi EL Khomri : la machine \u00e0 remonter le temps !<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le mouvement social a permis que le Code du travail soit un cadre juridique limitant l&rsquo;exploitation des travailleur-se-s<\/strong> en encadrant le temps de travail, la r\u00e9mun\u00e9ration, les conditions de travail&#8230; L\u2019\u00c9tat et le patronat ont du l\u2019accepter face aux luttes du mouvement ouvrier, comprenant que la perte de libert\u00e9s qu\u2019impose le contrat de travail n\u00e9cessitait quelques compensations. Mais aucune conqu\u00eate sociale n&rsquo;est d\u00e9finitive et tant que les travailleur-se-s auront des droits, le Code du travail ne pourra \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 par le patronat et leurs suppl\u00e9tifs que comme un texte \u00ab\u00a0arri\u00e9r\u00e9 et d\u00e9connect\u00e9\u00a0\u00bb de la \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019entreprise\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Il faut le r\u00e9affirmer : \u00ab\u00a0nous ne sommes plus au XIX\u00e8me si\u00e8cle\u00a0\u00bb, Monsieur Valls,<\/strong> pr\u00e9cis\u00e9ment parce que le Code du Travail, issu de la sueur, des larmes et du sang des travailleur-se-s leur a permis d\u2019envisager un avenir plus digne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ce n\u2019est donc pas au nom de la comp\u00e9titivit\u00e9, ni m\u00eame de modernit\u00e9 mais bien au nom du profit du patronat que le gouvernement a d\u00e9cid\u00e9 de s\u2019attaquer \u00e0 ces garanties collectives.<\/strong> D\u2019ailleurs aucune des r\u00e9formes de ces derni\u00e8res ann\u00e9es qui ont offert au patronat ce qu\u2019il r\u00e9clamait n\u2019ont permis de changer quoi ce soit au ch\u00f4mage, et n\u2019ont fait qu\u2019aggraver notre pr\u00e9carit\u00e9. CICE, accords comp\u00e9titivit\u00e9 emploi, loi Macron, et bient\u00f4t r\u00e9forme de l\u2019assurance ch\u00f4mage, sans oublier les attaques faites au statut de la fonction publique et aux diff\u00e9rentes casses de la s\u00e9curit\u00e9 sociale : elles rel\u00e8vent toutes de cette m\u00eame logique lib\u00e9rale qui vise \u00e0 donner au patronat la totale libert\u00e9 d\u2019exploiter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La loi El Khomri, c\u2019est la pi\u00e8ce ma\u00eetresse de cette machine \u00e0 remonter le temps, le coup de gra\u0302ce que le gouvernement veut ass\u00e9ner \u00e0 la classe populaire.<\/p>\n<h2 dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify;\">Attaques gouvernementales contre le camp des travailleur-se-s<\/h2>\n<div id=\"Section2\" dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify;\">\n<div id=\"Section2\" dir=\"ltr\">\nLa mobilisation contre la loi Travail et pour la d\u00e9fense des droits des salari\u00e9-e-s dure depuis plusieurs semaines.<br \/>\n<strong>Loin de s\u2019essouffler , le mouvement prend de l\u2019ampleur tant dans la gr\u00e8ve que dans la rue,<\/strong> tel qu\u2019en atteste la journ\u00e9e de mobilisation du 31 mars, et cela malgr\u00e9 la violente r\u00e9pression polici\u00e8re et judiciaire qui semble \u00eatre le seul recours du gouvernement face \u00e0 la l\u00e9gitime col\u00e8re des travailleur-se-s.<br \/>\nOn le sait, la destruction du Code du travail a \u00e9t\u00e9 le catalyseur de toutes les col\u00e8res sociales qui se sont accumul\u00e9es ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Dans ce contexte de d\u00e9veloppement de la contestation, la CNT insiste sur <strong>la n\u00e9cessit\u00e9 de faire converger les revendications de tous les secteurs afin de construire un mouvement de gr\u00e8ve interprofessionnel<\/strong> \u00e0 m\u00eame de mettre en \u00e9chec cette politique dict\u00e9e par le patronat et qui met en pi\u00e8ces l\u2019ensemble des acquis historiques de la classe populaire.<br \/>\nComme nous l\u2019a montr\u00e9 l\u2019\u00e9chec des derniers mouvements sociaux, la strat\u00e9gie des journ\u00e9es de mobilisation ponctuelles ne suffira pas. Au-del\u00e0 de la journ\u00e9e de lutte du 9 avril , c\u2019est bien<strong> dans une perspective de construction de la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale<\/strong> qu\u2019il nous faut d\u00e9sormais inscrire le mouvement social.\n<\/div>\n<\/div>\n<h2 dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify;\">Inverser la hi\u00e9rarchie des normes<\/h2>\n<div dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify;\">\nL\u2019un des objectifs de la loi Travail est de renverser la hi\u00e9rarchie des normes en faisant de l\u2019entreprise le lieu primordial de l\u2019\u00e9laboration des r\u00e8gles.<br \/>\n\u2022 En permettant aux employeur-se-s de d\u00e9finir par accord d\u2019entreprise, les r\u00e8gles d\u2019organisation de la production, <strong>c\u2019est leur permettre d\u2019\u00e9laborer la r\u00e8gle l\u00e0 o\u00f9 les rapports de force sont les plus difficiles \u00e0 construire pour les salari\u00e9-e-s.<\/strong> En effet, les patro-ne-s profiteront d\u2019\u00eatre chez eux\/elles pour exercer toutes sortes de pressions leur permettant d\u2019obtenir les accords qui leur seront favorables et qui fragiliseront les travailleur-se-s.<br \/>\n\u2022 Le patronat pourra contourner les organisations syndicales majoritaires si l\u2019accord soumis \u00e0 la n\u00e9gociation emporte l\u2019avis favorable d\u2019un ou plusieurs syndicats repr\u00e9sentants 30% des salari\u00e9-e-s : il pourra alors organiser, avec l&rsquo;accord de ces 30%, un r\u00e9f\u00e9rendum. <strong>Le r\u00e9f\u00e9rendum d\u2019entreprise est un leurre de d\u00e9mocratie.<\/strong> Les salari\u00e9-e-s seront plac\u00e9-e-s devant un choix individuel, alors que la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats des travailleur-se-s ne peut v\u00e9ritablement se faire que collectivement. Dans ce sens, passer outre les repr\u00e9sentant-e-s du collectif des travailleur-se-s pour demander l\u2019avis individuel de chaque travailleur-se, c\u2019est faire croire \u00e0 la fiction d\u2019une relation \u00e9gale entre un-e travailleur-se et un-e patron-ne.<br \/>\n\u2022 En l\u2019absence d\u2019organisation syndicale au sein de l\u2019entreprise, l\u2019employeur-se pourra recourir au mandatement d\u2019un-e salari\u00e9-e pour valider son accord. Aussi, il choisira soigneusement le\/la salari\u00e9-e qui sera mandat\u00e9-e et s\u2019assurera ainsi d\u2019une signature.\n<\/div>\n<h2 dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify;\">Temps de travail et r\u00e9mun\u00e9ration : de nombreux reculs !<\/h2>\n<div id=\"Section4\" dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019inversion de la hi\u00e9rarchie des normes va avoir des cons\u00e9quences directes sur le temps de travail et la r\u00e9mun\u00e9ration des travailleur-se-s. L\u2019article 2 de la loi Travail pr\u00e9voit la r\u00e9\u00e9criture de la totalit\u00e9 des dispositions du Code du travail sur la dur\u00e9e du travail.<\/div>\n<div dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify;\">\n\u2022 Actuellement, le recours \u00e0 des am\u00e9nagements du temps de travail d\u00e9favorables aux salari\u00e9-e-s n\u2019est possible que si l\u2019accord de branche le pr\u00e9voit. Demain, <strong>les conventions collectives ne permettront plus de prot\u00e9ger les salari\u00e9-e-s.<\/strong><br \/>\n\u2022 Le type d\u2019am\u00e9nagement du temps de travail conditionne m\u00e9caniquement la r\u00e9mun\u00e9ration des travailleur-se-s car il permet de ne plus obligatoirement d\u00e9compter les heures suppl\u00e9mentaires \u00e0 la semaine, mais sur une autre p\u00e9riode de r\u00e9f\u00e9rence (cycle, ann\u00e9e). Demain <strong>la flexibilit\u00e9 du temps de travail sera la r\u00e8gle pour toutes et tous.<\/strong><br \/>\n\u2022 La loi Travail va \u00e9galement permettre d\u2019organiser le temps de travail sur 3 ans, par accord de branche.<br \/>\n\u2022 Par ailleurs, si la loi pr\u00e9voit d\u00e9j\u00e0 un taux de r\u00e9mun\u00e9ration des heures suppl\u00e9mentaires \u00e0 10%, demain, <strong>ce taux de 10% pourra \u00eatre applicable \u00e0 toutes les entreprises,<\/strong> m\u00eame si un accord de branche pr\u00e9voit un taux sup\u00e9rieur.<br \/>\nLa loi Travail : <strong>c\u2019est la fin du paiement des heures suppl\u00e9mentaires.<\/strong>\n<\/div>\n<div dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify;\">\u2022 La loi Travail permettra \u00e9galement de conclure des accords pour la \u00ab\u00a0pr\u00e9servation de l\u2019emploi\u00a0\u00bb, sans garantir que cet accord maintienne la r\u00e9mun\u00e9ration horaire des travailleur-se-s.<\/div>\n<h2 dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify;\">Licenciements : pour le patronat tout est permis !<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019apr\u00e8s le gouvernement, faciliter les licenciements va permettre la baisse du ch\u00f4mage. Aussi, la loi Travail va fortement accro\u00eetre la pr\u00e9carit\u00e9 des travailleur-se-s\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Les accords d\u2019entreprise s\u2019imposeront \u00e0 l\u2019ensemble des salari\u00e9-e-s, quel que soient les clauses pr\u00e9vues aux contrats de travail. Par exemple, si un accord d\u2019entreprise pr\u00e9voit une modification du temps de travail,<strong> le\/la travailleur-se refusant cette modification du contrat de travail pourra \u00eatre licenci\u00e9-e<\/strong>\u00a0: cette disposition remet clairement en cause la valeur juridique du contrat de travail dont les dispositions ne constitueront plus une protection pour les travailleur-se-s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le gouvernement pr\u00e9tend que la nouvelle d\u00e9finition du motif \u00e9conomique pr\u00e9vue dans la loi Travail ne fait que reprendre la jurisprudence. C\u2019est faux !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le motif \u00e9conomique sera caract\u00e9ris\u00e9 par une baisse des commandes ou du chiffre d\u2019affaires pendant plusieurs trimestres (donc seulement 2 au minimum), <strong>ainsi, les difficult\u00e9s \u00e9conomiques ou une baisse d\u2019activit\u00e9 passag\u00e8res pourront \u00eatre un motif de licenciement \u00e9conomique<\/strong>, contrairement \u00e0 la jurisprudence actuelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le motif \u00e9conomique pourra \u00eatre invoqu\u00e9 en cas de fermeture d\u2019une entreprise, sans prise en compte des cas limitatifs admis actuellement par la jurisprudence (liquidation judiciaire, cessation d\u00e9finitive d\u2019activit\u00e9 suite \u00e0 un sinistre important, etc.).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Faciliter le licenciement, c&rsquo;est rendre beaucoup plus difficile l&rsquo;application de toutes les autres r\u00e8gles dans l&rsquo;entreprise. Une r\u00e9clamation\u00a0? \u00ab\u00a0<em>Travaille et tais-toi, sinon t&rsquo;es vir\u00e9 !<\/em>\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">La rh\u00e9torique lib\u00e9rale de la mise \u00e0 mort du droit du travail<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 les expert-e-s \u00e9conomiques, le patronat et les politicien-ne-s se se pr\u00e9sentent comme des messies de l\u2019emploi et s\u2019affirment comme le dernier rempart \u00e0 la fatalit\u00e9 des fluctuations \u00e9conomiques, il nous est plus que n\u00e9cessaire de <strong>d\u00e9crypter leur jargon et de d\u00e9construire leur discours<\/strong>, derri\u00e8re lequel se cachent de f\u00e9roces vell\u00e9it\u00e9s capitalistes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u2022 \u00ab <em>La lutte contre le ch\u00f4mage<\/em> \u00bb<\/strong><\/p>\n<div dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify;\">\nLes motifs pour lesquels les pouvoirs publics et le patronat s\u2019engagent \u00e0 r\u00e9duire le ch\u00f4mage sont trompeurs. Lorsque ces derniers assurent qu\u2019ils souhaitent permettre \u00e0 l\u2019ensemble des travailleu-r-se-s d\u2019acc\u00e9der \u00e0 un emploi, ce n\u2019est pas pour sortir les ch\u00f4meur-se-s de leur situation de pr\u00e9carit\u00e9, mais bien car cela constitue un manque \u00e0 gagner au nom de la sacro-sainte productivit\u00e9 \u00e9conomique. Mine de rien, les ch\u00f4meur-se-s de longue dur\u00e9e repr\u00e9sentent une force de travail \u00e0 exploiter pour leurs b\u00e9n\u00e9fices. <strong>Car patronat et \u00e9conomistes lib\u00e9raux ne font pas la promotion du plein-emploi, mais plus pr\u00e9cis\u00e9ment du plein-emploi pr\u00e9caire.<\/strong><br \/>\nNi CDI, ni salaire \u00e0 vie, au contraire, g\u00e9n\u00e9ralisation des contrats de travail en la d\u00e9faveur des travailleur-se-s, aux d\u00e9pens m\u00eame de leurs conditions d\u2019existence. Le plein-emploi pr\u00e9caire, c\u2019est la meilleure mani\u00e8re pour le patronat de faire pression sur les travailleur-se-s et de les maintenir dans <strong>des situations de d\u00e9pendance et de soumission \u00e0 leurs pleins-pouvoirs de licenciement ou de surexploitation.<\/strong><br \/>\n<strong>\u2022 \u00ab <em>La flexibilit\u00e9 du march\u00e9 du travail facilite l\u2019embauche<\/em> \u00bb<\/strong>\n<\/div>\n<div dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify;\">Aux injonctions de flexibilit\u00e9 et de souplesse (notez la connotation m\u00e9liorative de la rh\u00e9torique), on oppose la pr\u00e9tendue rigidit\u00e9 du droit du travail. \u00c0 les entendre, les patron-ne-s seraient pr\u00eat-e-s \u00e0 embaucher, mais seulement s\u2019il leur \u00e9tait plus ais\u00e9 de licencier selon leur bon vouloir. Ce qu\u2019il faut comprendre ici, c\u2019est que ce n\u2019est pas \u00ab l\u2019embauche \u00bb qu\u2019ils\/elles souhaitent stimuler, mais bien <strong>la possibilit\u00e9 de conserver \u00e0 tout prix leur taux de profit ou leur taux de marge, voir le maximiser, en cas de crise.<\/strong> Au moindre signe de fluctuation \u00e9conomique, mettre des salari\u00e9-e-s \u00e0 la porte leur permettrait de r\u00e9aliser des \u00e9conomies, mais surtout de jouir pleinement de leurs profits et de leurs dividendes. Non, licencier plus ne permet pas d\u2019embaucher plus, c\u2019est r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019instabilit\u00e9 du syst\u00e8me \u00e9conomique (dont ils\/elles sont les seuls responsables) par l\u2019instabilit\u00e9 des situations des travailleur-se-s, en cr\u00e9ant de plus en plus d\u2019opportunit\u00e9s pour le patronat de disposer d\u2019eux\/elles de la mani\u00e8re dont ils\/elles le souhaitent, sans consid\u00e9ration autre que leur maintien en haut de l\u2019\u00e9chelle.<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u2022 \u00ab <em>R\u00e9duire le co\u00fbt du travail n\u2019a que des cons\u00e9quences \u00e9conomiques positives<\/em> \u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque le vent tourne, politicien-ne-s et patron-ne-s d\u00e9clarent vouloir r\u00e9duire ce qu\u2019ils\/elles appellent \u00ab\u00a0le co\u00fbt du travail\u00a0\u00bb. D\u2019apr\u00e8s eux\/elles, seule la d\u00e9construction de l\u2019ensemble des droits sociaux acquis au cours des deux si\u00e8cles derniers leur permettrait d\u2019accro\u00eetre la demande de travail des entreprises, c\u2019est-\u00e0-dire faciliter les licenciements comme nous l\u2019avons vu, ou bien encourager la surexploitation. Car la flexibilit\u00e9 s\u2019oppose \u00e9galement \u00e0 la pr\u00e9tendue rigidit\u00e9 des salaires, du temps de travail, des protections sociales, etc. Il s\u2019agit bien l\u00e0 de remarquer que <strong>nos vies ne repr\u00e9sentent pour eux\/elles que des \u00ab\u00a0co\u00fbts\u00a0\u00bb, que des facteurs d\u2019une \u00e9quation dont ils\/elles sont les seul-e-s \u00e0 profiter.<\/strong> La fragilit\u00e9 de l\u2019acc\u00e8s aux soins, \u00e0 des services publics de qualit\u00e9, ou \u00e0 un niveau de vie d\u00e9cent n\u2019est pas une r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019ils\/elles ont \u00e0 subir au quotidien, et constitue m\u00eame pour eux\/elles un obstacle \u00e0 leur perp\u00e9tuelle course aux profits. Le\/la travailleur-se est une \u00ab\u00a0chose\u00a0\u00bb pour le\/la capitaliste, dont il souhaite disposer \u00e0 volont\u00e9, et <strong>qu\u2019importe la pr\u00e9carit\u00e9 et pauvret\u00e9 engendr\u00e9es par un tel aveuglement.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et on voudrait encore nous faire croire que le patronat et la classe politicienne viennent au secours des travailleur-se-s. Mais il faudrait leur rappeler que <strong>ce ne sont pas les patron-ne-s qui cr\u00e9ent des emplois pour les salari\u00e9-e-s, mais bien les travailleur-se-s qui produisent la valeur dont ils\/elles tirent leurs profits.<\/strong><\/p>\n<h2 dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify;\">La loi Travail ou le culte de l\u2019individu lib\u00e9ral : un choix de soci\u00e9t\u00e9<\/h2>\n<div dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify;\">\nAu-del\u00e0 des mesures sp\u00e9cifiques qu\u2019elle comporte, <strong>la loi dite \u00ab\u00a0travail\u00a0\u00bb comporte un choix de soci\u00e9t\u00e9 bien \u00e9tabli.<\/strong> Celui d\u2019un capitalisme lib\u00e9ral triomphant o\u00f9 l\u2019individu isol\u00e9, juridiquement responsable de sa vie, capitalise dans son coin pour son int\u00e9r\u00eat propre. Et pour ceux\/celles qui resteraient sur le bord du chemin, l\u2019 \u00c9tat fera l\u2019aum\u00f4ne : quelque 400 euros par mois de RSA ou de \u00ab\u00a0garantie jeune\u00a0\u00bb, quelque 700 euros de minimum vieillesse&#8230; En imposant bien entendu un flicage de ces \u00ab\u00a0assist\u00e9-e-s\u00a0\u00bb : obligation d\u2019accepter des petits boulots mal pay\u00e9s, cumul emploi-retraite, etc.<br \/>\nMais cette logique de soci\u00e9t\u00e9 est un mythe. <strong>Les individus ne sont pas libres et \u00e9gaux.<\/strong> Le capitalisme est fond\u00e9 justement sur une distinction claire : ceux\/celles qui d\u00e9tiennent les moyens de production (le capital) et le pouvoir social qui en d\u00e9coule directement (actionnaires) ou indirectement (DRH, cadres dirigeants, etc.), contre ceux\/celles qui n\u2019ont que leur travail pour vivre. C\u2019est ce qu\u2019on appelle la lutte des classes. Ici, il n\u2019y a pas de place pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 ou la libert\u00e9 ou pour des \u00ab\u00a0partenaires sociaux\u00a0\u00bb. Que l\u2019 \u00c9tat et le gouvernement pr\u00e9tendent et ass\u00e8nent le contraire montre clairement leur place : assurer la continuit\u00e9 du capitalisme et de cette division en classes sociales.<br \/>\nToutefois, <strong>les travailleur-se-s, \u00e0 travers l\u2019histoire, ne sont jamais rest\u00e9-e-s sans rien faire.<\/strong> Ils\/elles ont arrach\u00e9-e-s, au prix de l\u2019exil, de la prison, voire de leur vie, des droits\u00a0: de s\u2019organiser en syndicats, de faire gr\u00e8ve, d\u2019avoir des cong\u00e9s pay\u00e9s, de limiter le temps de travail, d\u2019obtenir r\u00e9paration en cas de licenciement, d\u2019avoir une s\u00e9curit\u00e9 sociale et des allocations ch\u00f4mage, d\u2019interdire le travail des enfants, d\u2019imposer des conventions collectives et des salaires minima, etc. Non pas en se lamentant ni en demandant gentiment aux puissants, mais en exigeant,<strong> en s\u2019organisant et en luttant.<\/strong> Sans la Commune de Paris en 1871, les bourses du travail, les gr\u00e8ves pour la journ\u00e9e de 8 heures au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, les gr\u00e8ves g\u00e9n\u00e9rales de 1936 ou 1968, la R\u00e9sistance et le CNR en 1945, et combien d\u2019autres luttes encore, il n\u2019y aurait pas besoin de loi El Khomri pour assurer le triomphe du capitalisme, et nous serions rest\u00e9-e-s au XIXe si\u00e8cle.<br \/>\nObtenir le retrait de la loi Travail, comme nous avons obtenu celui des plans Jospin en 1991 et Jupp\u00e9 en 1995, du CPE et CNE en 2006, voil\u00e0 donc l\u2019enjeu imm\u00e9diat. Mais, surtout, il nous faut opposer notre logique, notre mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 celui du capitalisme. <strong>Retrouver les voies de l\u2019auto-organisation collective, de l\u2019autonomie des travailleur-se-s (avec ou sans emploi)<\/strong>, renouer avec les origines du syndicalisme, sans permanents ou dirigeant-e-s autoproclam\u00e9-e-s n\u00e9gociant \u00e0 Matignon la longueur de nos cha\u00eenes.<br \/>\nActer que notre monde ne conna\u00eet pas l\u2019\u00e9galit\u00e9 et la libert\u00e9, mais que c\u2019est \u00e0 nous de les construire dans nos propres institutions et non pas \u00e0 travers celles que veulent nous imposer patronat et dirigeant-e-s politiques.<br \/>\nAccepter sereinement que <strong>notre arme est la solidarit\u00e9<\/strong>\u00a0:<br \/>\n\u2022 revendiquer qu\u2019<strong>il est plus \u00e9galitaire et juste de socialiser les richesses<\/strong> (par la s\u00e9curit\u00e9 sociale ou en assurant un v\u00e9ritable salaire \u00e0 toutes et tous, quel que soit le \u00ab\u00a0parcours de vie ou professionnel\u00a0\u00bb, par exemple) que de les capitaliser chacun dans notre coin ;<br \/>\n\u2022 <strong>renforcer nos libert\u00e9s r\u00e9elles<\/strong>, par exemple en donnant acc\u00e8s aux allocations ch\u00f4mage aux gens qui d\u00e9missionnent ;<br \/>\n\u2022 <strong>renforcer nos droits et protections collectives en \u00e9tendant le droit syndical<\/strong> pour tous quelle que soit la taille de l\u2019entreprise et le statut (vacataires ou contractuel-le-s notamment), en r\u00e9tablissant la hi\u00e9rarchie stricte des normes, ou encore en supprimant la loi Macron et les d\u00e9crets qui par exemple restreignent les pouvoirs des CHSCT ;<br \/>\n\u2022 d\u00e9fendre nos \u00ab\u00a0libert\u00e9s fondamentales\u00a0\u00bb, avec <strong>le retrait de l\u2019\u00c9tat d\u2019urgence, l\u2019amnistie des militant-e-s<\/strong> de Goodyear, Air France, La Poste et autres ou encore la libert\u00e9 d\u2019affichage et de diffusion de tract dans l\u2019espace public ;<br \/>\n\u2022 <strong>imposer la solidarit\u00e9 de classe et la libert\u00e9 des peuples<\/strong>\u00a0: accueil des migrant-e-s, arr\u00eat des guerres imp\u00e9rialistes, libert\u00e9 de circulation des personnes plut\u00f4t que celle bien r\u00e9elle des capitaux.<br \/>\nAutant de pistes, d\u2019id\u00e9es et surtout de pratiques \u00e0 mettre en \u0153uvre d\u00e8s aujourd\u2019hui, ici et maintenant. Notre libert\u00e9, notre \u00e9galit\u00e9, notre fraternit\u00e9, ne seront pas le fruit de lois \u00e9tatiques ou d\u2019une soi-disant R\u00e9publique qui a perdu ses fondements r\u00e9volutionnaires et sociaux. Derri\u00e8re la loi Travail se cache un choix de soci\u00e9t\u00e9\u00a0: transformer les individus en petites entreprises concurrentielles, une soci\u00e9t\u00e9 capitaliste accomplie.\n<\/div>\n<div dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Face \u00e0 cette logique, c\u2019est un autre futur que nous devons construire. Par la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale et la r\u00e9volution sociale. Notre avenir et notre mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9 ne d\u00e9pendent que de nous.<\/strong><\/div>\n<h2 style=\"text-align: center;\">Contre le capital, l\u2019\u00c9tat et ses politiques lib\u00e9rales,<br \/>\n<strong><span style=\"color: #ff0000;\">construisons la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale !<\/span><\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<br \/>\nLe tract en pdf : <a href=\"http:\/\/www.cnt-tas.org\/wp-content\/uploads\/tract-CNT-loi-travail-gr\u00e8ve-28-avril.pdf\">La loi Travail m\u00e9rite bien une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale !<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Selon le gouvernement et le MEDEF, les entreprises fran\u00e7aises ne seraient plus comp\u00e9titives et seraient incapables de recruter en raison d\u2019un cadre juridique trop contraignant. Leur cible : le Code du travail. 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